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eMmA MessanA, collagiste

eMmA MessanA, collagiste

Collagiste et auteure jeunesse. Des fois, je mixe les deux et même, je peux m'égarer vers un monde de poésie...


La maison

Publié par eMmA MessanA sur 11 Août 2019, 10:33am

Catégories : #Mes gammes, #LesCollagesdeMmAMessanA, #Epure Tendresse

   Moi qui ai tant de fois changé d'habitation (pour mon premier déménagement, j'avais quarante jours), je me suis souvent demandé quelles empreintes nos vies laissent-elles dans une maison que l'on a quittée.

Qu'advient-il de l'âme des quatre murs, témoin d'un pan de notre vie et dont on se détache un jour ?

Les nouveaux habitants en seront-ils marqués ? Et, question encore plus troublante, est-ce que leur destin en sera impacté que l'on y ait vécu des jours heureux ou malheureux ?

Si l'on cherche bien, un peu de notre ADN doit être resté collé au parquet que l'on a ciré de nos mains, de nos yeux.
Si l'on regarde bien au travers de nos yeux pas encore fermés, le souvenir d'un éclair de notre regard porté au loin par-delà les persiennes usées doit encore darder.

Nos chants, nos voix, nos fous-rires, nos murmures font sûrement toujours partie de la bande-son des murs de la maison, en français beaucoup, en italien et un tout petit peu en maltais, pas mal en anglais, en arabe à l'occasion et aussi comme on disait, "en inventé".

Nos désirs et nos labeurs, même gommés, doivent encore traîner un peu dans la poussière ou dans la peinture...

Peut-on encore y déceler l'ineffable parfum dont le charme des effluves nous transportait dans un rêve éveillé ?

Le cocon du grenier sent-il toujours l'odeur des pommes que nous avions jalousement provisionnées pour l'hiver ?

Et la tarte au citron-meringuée qui embaumait la cuisine, cuit-elle encore à petit feu oublié ?

Et s'il reste un lit de merisier ou de sapin, a-t-il gardé la mémoire d'une nuit magique où pour seules lumières nous avions laissé entrer celles des étoiles au-dessus de notre toit ?

Quatre murs ça en dit long ou bien ça se tait pour toute l'éternité. Nous ne sommes que leurs hôtes de passage entre une vie et le relais d'une autre...

eMmA MessanA

Les Collages d'eMmA MessanA, collage "Autour du nid", pièce unique  © eMmA MessanA

Les Collages d'eMmA MessanA, collage "Autour du nid", pièce unique © eMmA MessanA

Ce collage, Autour du nid, est le pendant de cet autre, Construction du nid (revoir : plic!)

© eMmA MessanA

Paris XIème, juillet 2015 - N°295 Autour du nid

Technique mixte (collage et encres) sur papier dessin 24 X 32 cm

Ce collage N°295, pièce unique, est disponible non encadré dans le catalogue N°2 ici

(le copyright en filigrane n'apparaît pas sur le collage original)

Axelle Red et Ycare, D'Autres Que Nous (14 Boulevard Saint-Michel)

Assane Attyé (Ycare) / Dino Cirone

Les murs se souviennent-ils de nous?
De nos promesses?
Il m'arrive de me rendre à l'adresse

De notre grand amour
Je passe devant et puis j'espère te voir par la fenêtre
Confiant, sourire au coin des lèvres et puis je lève la tête

 

Je vois qu'il y a de la lumière
D'autres que nous y passeront

Leurs nuits d'hiver
Au coin du feu doux

 

D'autres que nous
Feront l'amour sous ces fenêtres
D'autres que nous vivront de longues nuits de fêtes
D'autres que nous
Feront la guerre ou bien peut-être s'aimeront ils pour toujours?
D'autres comme nous feront pareil
14 boulevard Saint-Michel

 

Les voisins se souviennent-ils de nous?
De notre tendresse?
Je retourne à notre ancienne adresse pour en découdre
Le digicode n'est plus le même
La gardienne à la retraite
Alors je guette si les fenêtres laissent toujours passer le jour

 

Je n'y vois guère plus de lumière
D'autres comme nous

Pleurent de chagrin sous un réverbère

Loin des feux doux

 

D'autres que nous
Feront l'amour sous ces fenêtres
D'autres que nous vivront de longues nuits de fêtes
D'autres que nous
Feront la guerre ou bien peut-être s'aimeront ils pour toujours?
D'autres comme nous feront pareil
14 boulevard Saint-Michel

 

On n'avait rien, on était tout
On était nous
On n'avait rien mais on était tout
Comme d'autres avant nous

D'autres comme nous

 
Ont fait l'amour sous ces fenêtres
D'autres comme nous

ont vécu de longues nuits de fêtes
D'autres comme nous
Ont fait la guerre,

Oui mais peut-être

s'aimeront ils pour toujours?


La vie était tellement plus belle
14 boulevard Saint-Michel

La vie était tellement plus belle
14 boulevard Saint-Michel

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Quichottine 12/08/2019 10:26

Je ne sais pas... je dois dire que nous avons beaucoup voyagé, déménagé, lorsque j'étais enfant...
Adulte, j'ai peu bougé... devenue casanière... à ce que dit mon époux.
Je me suis attachée aux choses alors que je n'avais qu'un petit carton contenant mes souvenirs d'enfant.
Aujourd'hui, il me faut trier dans ce que nous avons amassé au cours des années... la maison est pleine de nos souvenirs.
Les maisons changent, je crois qu'elle savent mieux s'adapter que nous. :)
Ton collage est magnifique !
Merci pour cette page.

eMmA MessanA 12/08/2019 13:56

Contrairement à toi, je dispose de bien peu de souvenirs matériels de mon enfance. A l'âge de sept ans j'ai dû me séparer de tout ou presque tout car nous partions vers l'Australie en bateau. Alors par la suite, je ne me suis jamais attachée aux choses (sans doute pour ne pas risquer de devoir m'en séparer).
En revanche, le souvenir d'un lieu, les joies et les peines que l'on y a vécues, cela est dans ma mémoire indissociablement lié à la maison (ou à l'appartement). C'est le cocon vivant resté dans mon cerveau, ma rétine et mon coeur... Il est vibrant de murmures qui me parlent.
Merci pour ton passage Quichottine.

marine D 12/08/2019 09:30

Quand je vois nos deux dernières maisons d'enfance, la seconde j'y ai vécu une dizaine d'années de ma vie d'adulte, j'ai un pincement au coeur, comme si on les avait dénaturées et d'ailleurs c'est vrai qu'elles ont changé

eMmA MessanA 12/08/2019 13:51

Tes mots me confortent dans l'idée que j'ai depuis toujours : je suis incapable de revenir sur mes pas.
Une fois, je me suis sentie obligée d'emmener mes parents à Gonesse pour voir notre maison que mon père avait restauré seul et où j'ai vécu de l'âge de quatre à sept ans. Bien que de l'extérieur tout soit resté bien entretenu et charmant, je n'ai pas aimé l'idée que d'autres vivent "chez nous". Je me revoyais enfant dans mon lit écoutant les histoires que ma sœur me lisait et je me demandais bien quel enfant avait "pris" ma place...
Je sais, c'est nul, mais je n'y puis rien.

Valentine 12/08/2019 08:29

Je suis très forte pour ressentir les bonnes comme les mauvaises ondes des maisons. Alors oui, les murs parlent!
J'aurais adoré habiter ta joyeuse maison.
La maison de mon enfance n'existe plus mais il m'arrive parfois de m'y projeter. Je me souviens de chaque coin et recoin.
Bien que nostalgiques, j'aime les souvenirs.
Bises du lundi.

eMmA MessanA 12/08/2019 13:46

Ce que je crois dur comme fer , c'est que ma maison (ainsi que mon atelier) se souviendra de ton passage pour toujours.
Le Chef et toi y avez laissé la saveur de votre joie de vivre, le doux parfum de votre élégance et votre savoir-vivre, votre gentillesse et votre goût de l'amitié partagée. Soyez-en remerciés.
Belle semaine chère Valentine.

gazou 11/08/2019 15:39

Je pensais que, pour s'attacher à une maison, pour se demander quelles traces on y laisse, il fallait y avoir vécu assez longtemps? mais tu sembles dire que non...Peut-être il y a des lieux qui font partie de nous et nous rappellent des moments essentiels même si on les a habités peu de temps

eMmA MessanA 11/08/2019 16:42

J'ai quand même vécu au moins trois ans dans chacun des lieux qui m'ont accueillie (hormis à ma naissance) et je suis bien convaincue que la durée n'est que subjective pour s'attacher aux pierres et aux murs de son logis. On y laisse forcément quelque chose en héritage...

celestine 11/08/2019 15:36

J'aime beaucoup ton texte...
Les murs ont une mémoire, c'est certain.
On ressent tant de choses en pénétrant dans une maison où d'autres ont vécu.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆

eMmA MessanA 11/08/2019 16:46

Merci Célestine, ce texte tout petit et tout simple m'a été dicté par les murs d'ici (mais, chut, ne le répète pas, OK ?)
Quelquefois ça me fait un peu peur d'imaginer (ou même de savoir) ce qu'ont vécu les gens qui nous ont précédés. Suffit-il de repeindre les murs ?

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