Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

eMmA MessanA, collagiste

J'observe, j'imagine, je compile, je froisse, je déchire et je colle des fragments de toutes sortes de papiers. J'aime fixer l'éphémère pour qu'une fois transformé et assemblé en pièce unique, il raconte une tout autre histoire, intemporelle. J'aime toutes les couleurs, surtout celles qui chantent et sont propices aux rêves les plus fous.... Tous droits réservés © eMmA MessanA

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...

En réponse (gentille) au dernier billet de Kasimir, j'ai eu envie de recopier une vieillerie un tantinet anti conformiste, que j'avais écrite dans les années 80, en réaction aux contes pour enfants qui se terminaient la plupart du temps par la formule consacrée "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants".

Conte 

Il était une dernière fois,
Une très jolie jeune fille et un jeune homme assez quelconque
qui avaient des comptes à régler avec
Messieurs Pérault, Grimm et autres conteurs d'autrefois.
Un beau matin, ils furent poussés par une force intérieure,
Appelons-la "la Fée Discernement", et décidèrent
de brûler leurs livres d'enfants, juste avant de brûler les étapes.
C'est alors qu'une foule d'interdits, de tabous, de barrières
s'élevèrent et les firent trembler un peu.
Logique, quoi !
Ce ne fut pas dans un palais somptueux qu'ils transportèrent
leurs amours,
mais dans l'appartement d'un copain accueillant.
Et là, ils s'aimèrent mieux que dans les livres.
Alors, ils décidèrent de casser toutes les baguettes magiques
qu'ils rencontreraient désormais
pour en faire des pièges à morale,
parce que quand même, ils avaient une bonne dose d'imagination !
Ensuite, ils se promirent de se revoir souvent
pour s'aimer davantage.
Oh bien sûr, lui ne devint jamais un beau et riche jeune homme
Et elle ne devint jamais princesse.
Bon, tant pis !
Mais qui sait ce que leur réserve l'avenir ?
Les fées le savent sûrement, me direz-vous.
En fait, ils vivèrent heureux et reprirent en choeur
"La Non-Demande en Mariage", chantée par un célèbre conteur d'aujourd'hui.
Je suis sûre que vos enfants seraient quand même émerveillés
et s'endormiraient bien sagement en écoutant mon histoire.
Mais, chut ! Ils l'ont déjà lue en cachette...

                                                    Petit-Couronne, avril 1982

A l'époque, je noircissais des tas de feuillets et je rêvais de devenir poète !
En recopiant ce texte, je viens tout de même de prendre un vrai plaisir à retrouver ses sensations d'autrefois, car je me souviens très bien du jour où j'ai écrit ce "conte".
A bientôt,

eMmA MessanA

Et pour rendre à César ce qui appartient au merveilleux poète Georges Brassens, faites-vous le plaisir de le réécouter dans son chef-d'oeuvre, La Non-Demande en Mariage, dont voici l'excellent texte :
Ma mie, de grâce, ne mettons
Pas sous la gorge à Cupidon
Sa propre flèche
Tant d'amoureux l'ont essayé
Qui, de leur bonheur, ont payé
Ce sacrilège...


J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin

Laissons le champs libre à l'oiseau
Nous seront tous les deux priso-
nniers sur parole
Au diable les maîtresses queux
Qui attachent les cœurs aux queues
Des casseroles!


J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin


Vénus se fait vieille souvent
Elle perd son latin devant
La lèchefrite
A aucun prix, moi je ne veux
Effeuiller dans le pot-au-feu
La marguerite


J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin


On leur ôte bien des attraits
En dévoilant trop les secrets
De Mélusine
L'encre des billets doux pâlit
Vite entre les feuillets des li-
vres de cuisine.


J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin


Il peut sembler de tout repos
De mettre à l'ombre, au fond d'un pot
De confiture
La jolie pomme défendue
Mais elle est cuite, elle a perdu
Son goût "nature"


J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin


De servante n'ai pas besoin
Et du ménage et de ses soins
Je te dispense
Qu'en éternelle fiancée
A la dame de mes pensées
Toujours je pense

Pour retrouver d'autres chansons (ou la présence) de Georges Brassens dans la playlist d'eMmA, cliquez sur le titre de ces pages :

Titre posthume de Brassens

Laisse tomber les feuilles

Notre rendez-vous... enfin !

Autoportrait

Rendez-vous

Quel parfum et dans quel sillage ?

14 juillet 14

Au Bois de Vincennes

Que du bonheur

Saturne et Gallilée : Georges et Renaud...

La fête à Léon

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...

Encore une fleur ? Calendrier de l'Avent 14 décembre 2009

Site reprenant l’essentiel de Georges Brassens : link 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Danielle 12/12/2010 16:55



Une bien belle "vieillerie" tellement d'actualité. Ce conte est formidable, tu en as d'autres en réserve ? Et cette chanson de Georges Brassens, une de mes préférées : "Qu'en éternelle fiancée, A
la dame de mes pensées, toujours je pense". C'est très beau, quel respect dans ses mots, que d'amour ! Par contre, j'ai voulu lire le conte écrit par Kasimir et le lien aboutit à une page fermée,
dommage. Merci de nous avoir offert ce conte, en fouillant bien dans tes écrits, peut-être que tu pourrais nous en trouver d'autres (qui pourraient t'inspirer un collage, double cadeau pour tes
lecteurs). J'ai vraiment beaucoup apprécié ! Bisou dominical.  Danielle



eMmA 12/12/2010 17:31



Voici, j'ai rétabli le lien vers le conte de Kasimir : http://lachenaie.over-blog.fr/article-36983956.html


Il y a un peu partout dans mon blog de mes écrits. Il faut te promener et tu en trouveras de nombreux.


Allez, je te mets le lien direct vers un petit échantillon :


http://www.emmacollages.com/article-tombe-la-neige-44822578.html


http://www.emmacollages.com/pages/Les_fleurs_ne_poussent_pas_dans_les_vases_-1206031.html


http://www.emmacollages.com/article-tombe-la-neige-44754899.html


Bonnes lectures !


eMmA



Marie 07/10/2009 18:34


Merci pour ce conte, je vais le donner à lire à mes filles... quand j'ai lu "il était une dernière fois", j'ai de suite eu à l'esprit le souvenir de Léonore (ma grande) qui racontaient des
histoires à Noémie (ma petite) en commençant par "l'était une petite fois...
Merci pour un conte réaliste.
 


eMmA 07/10/2009 20:04



Quels jolis prénoms et j'adore "l'était une petite fois" !
Jamais je n'aurais pu imaginer que ce petit conte légèrement impertinent,
écrit il y a pas mal de temps,
 aurait une seconde vie...

Toujours ravie, Maire, de te voir passer par ici.
Bonne soirée,
eMmA



tintin 06/10/2009 21:17


J'aime ce refus du prêt à penser et du "faut faire comme les autres"

Les créateurs comme toi ont forcément une pensé plus autonome . C'est super. 


eMmA 06/10/2009 22:00



Oh tu sais,
cela ne m'a pas empêchée de finalement adhérer aux sacro-saints liens du mariage....
Cela dit, j'ai toujours un peu de mal quand on veut rogner mes ailes
ou quand on tente d'exiger de moi, comme tu le dis, le "prêt à penser".

Merci pour ta visite tintin.
Je file chez toi en tintinnabulant.
eMmA



startine 06/10/2009 10:20


Bravo EmMa pour ce pamphlet joliment tourné.

En effet, le mythe de la princesse et du prince charmant qui se marièrent continue de faire des ravages : toutes et tous sont déçus du décalage entre conte et réalité.

J'ai pas mal d'amies (et aussi des amis gays) célibataires et sans enfant à 35, 40 ou 45 ans, par choix ou par les hasards de la vie. Et elles (ils) en ont ras la casquette qu'on leur ramène
toujours le modèle périmé "se marier et avoir des enfants, c'est le signe d'une vie réussie".

Réussie, réussie… lorsqu'on voit le nombre de divorces, on doute du modèle ;-)

Je profite aussi de ce comment pur faire un petit coucou à Casimir, qui passera sûrement par là : merci pour tes lumières concernant les maladies du vin, objet d'une photo dans le passionnant
reportage d'EmMa sur la maison de Pasteur.


eMmA 06/10/2009 21:28



Merci pour ta visite startine, ton commentaire et ton lien vers Kasimir qui n'arrête plus d'élargir sa sphère d'amis intenautes qui profitent de ses lumières
!

A bientôt,
eMmA



Pascale 05/10/2009 23:27




"La Fée Discernement" : quelle bonne idée ! Bravo pour ce conte... original, et écrit avec beaucoup ... de discernement.
Et bien sûr mes hommages au poète Brassens.
Gros bisous,
Pascale


eMmA 06/10/2009 21:36



Moi qui me suis amusée à ressortir des vieux papiers un peu jaunis,
 je me rends compte à vous lire qu'il demeurent d'actualité.
Il m'en reste une caisse pleine !
Quant au maître Brassens, lui il est intemporel.
Qu'est-ce qu'il nous manque !

Bisou,
eMmA



sittelle 05/10/2009 22:55


C'est vraiment très avant-gardiste à cette date, bravo eMmA... bof de toute façon c'était déjà trop tard, je n'étais plus enfant !!! mais tu peux le ressortir pour les petites-filles actuelles,
parce que les droits des femmes, arrachés il y a peu... sont en train de s'éteindre, je crois bien. Bonne nuit !


eMmA 06/10/2009 21:18



Oui, je crains que tu n'aies raison, hélas...
Soyons vigilants, mais pour moi, pas de petite-fille en vue...

Bonne soirée,
eMmA



kasimir, dit pinson déplumé 05/10/2009 22:02


Il était une dernière fois...
Comme j'ai aimé ton texte écrit au "Petit-Couronne"  !
Tout cela me fait penser à la pâte du pain qui lève, au poussin qui brise sa coquille pour connaître la lumière de la vie, au volcan qui pulvérise le bouchon durci qui prétendait arrêter son
essor...
Bravo eMmA ! Sois heureuse !


eMmA 05/10/2009 22:05



Tes images sont belles.
C'est toi le Poète, Kasimir !
Merci,
eMmA 



Annie Lapeyre 05/10/2009 21:53


Merci chère Emma

pour toutes les merveilles que tu nous offres sur ton blog; C'est toujours un immense plaisir de découvrir les fruits de ton imagination.

De plus j'adore cette chanson, sans doute une de mes préférées de Brassens

Je te fais plein de bisous

Annie


eMmA 05/10/2009 21:58



Merci pour ta visite, Annie.
Cela me fait plaisir de te lire et de savoir que tu trouves de la joie à visiter mon blog.
J'espère que tu vas bien et que tu as toujours du bonheur à chanter.

Je t'embrasse,
eMmA