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eMmA MessanA, collagiste

J'observe, j'imagine, je compile, je froisse, je déchire et je colle des fragments de toutes sortes de papiers. J'aime fixer l'éphémère pour qu'une fois transformé et assemblé en pièce unique, il raconte une tout autre histoire, intemporelle. J'aime toutes les couleurs, surtout celles qui chantent et sont propices aux rêves les plus fous.... Tous droits réservés © eMmA MessanA

Ils sont venus d'ailleurs.

Nous avions bâti cette ville
Remplissant les trous de nos corps
Réchauffant la terre de notre souffle
Versant notre sang amer sur ses autoroutes.

C'est sans grande peine que l'on nous oublia.
C'est depuis que je dis n'importe quoi
et que mes cheveux se sont mis à repousser si long
que plus personne ne me reconnait.

Qu'ont-ils fait de nos arbres en fleurs ?
Pourquoi ont-ils crevé nos coeurs trop fragiles ?
Comprennent-ils notre musique ?
Restera-t-il un seul témoin de notre terre d'autrefois ?

Ils ont soufflé nos bougies. Il fait noir.
Ils ont brûlé nos forêts. Il fait chaud.
Ils ont fait neiger enplein été. J'ai froid.
Ils ne sont pas loin. J'ai peur.

Ils sont venus d'ailleurs
plus loin que le Soleil.

Nous aurions pu devenir amis.

eMmA

 
Zoom sur les pierres
03504.jpg
Des cailloux de Buggerru, de l'eau de Rouen.
eMmA

Stefano Ordini,"Für Alina" (Arvo Pärt).

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corinne 10/03/2010 15:39


Là ou mes pas me portent , je ramasse cailloux, pierres , sécrétions diverses.....je les pense chargés de mémoire et prête à écouter leurs histoires...je rentre de la Barbade , mon bagage lesté de
pierres coralliennes sculptéées par l'océan, les vents et asséchées par le soleil intense.
Je rentre avec le sourire radieux des rastas rencontrés qui me  réchauffe dans ce froid francilien : "Be quiet, no problem ".....Peace , love and unity ! et nos poings de se choquer pour
ensuite , se poser sur nos coeurs.
Cailloux , calculus, calcul :les enfants romains apprenaient à compter avec eux ; petites pierres précieuses qui m'apprennent à compter (à conter ) mon bonheur de voyager  et de croiser
la route de gens magnifiques.
peace , love and unity for you .


eMmA 14/03/2010 20:18


Merci Corinne-conteuse.
La Barbade m'est inconnue, mais elle devient mon amie grâce à toi.
Bon retour à Paris.
eMmA


Pascale 01/03/2010 20:47


Merci pour tes explications, qui vont m'aider. Et merci à Kasimir ! Je n'ai donc plus qu'à "laisser faire" mon esprit...
Grosse bise eMmA


kasimir, dit pinson déplumé 21/02/2010 19:30


Coucou eMmA !
Tu es aussi mystérieuse qu'internet !
Tout à l'heure je suis venu sur ton blog, et je n'ai vu ni les cailloux, ni l'eau.
Et cette fois ci, ils sont là ! Les pierres dans leur énigme immobile et comme figée, l'eau dans celle d'une totale mobilité, ce qui la rend à proprement parler insaisissable. On pourrait imaginer
y voir le reflet d'une femme... fée ou sorcière ? Ce qui me ramène à ton poème.

Je ne suis pas loin de penser comme Pascale, et j'ai envie de te demander qui est nous et qui sont eux, ils ?
Mais je ne te le demanderai pas, car je suppose que tu ne saurais pas le dire.
Et en te relisant, voici ce que j'ai pensé.

Quand nous rêvons la nuit, de tels personnages mystérieux peuvent apparaître, des "nous " et des "eux", sans que les identités soient forcément plus claires.
Le rêve est le produit en nous d'une autre pensée, qui a d'autres règles, qui exprime par des images ou des actes ce que notre pensée éveillée,
rationnelle, exprime pas des concepts.
L'artiste, et spécialement le poète, à la capacité de laisser monter son inconscient dans l'écran de sa conscience, et ensuite de traduire en phrases ce qu'il perçoit.
C'est ce que tu as fait là.
Ton poème est l'équivalent d'un rêve.
Ton inconscient dirigeait ton stylo !
C'est pourquoi je ne te poserai pas les mêmes questions que Pascale, mais peut-être plutôt celle-ci : à quoi ça te fait penser nous, eux , ils , ainsi que toutes les images très fortes, très dures
même, qui te sont venues ?

Je subodore qu'il y a des contenus profonds chargés d'une grande tension derrière ces mots, et il n'est pas certain que tout puisse être traduit en un langage disons cartésien.
Le lecteur de ton poème, par exemple Pascale, ou moi même, est-il pour autant devant un mur infranchissable ?
Absolument pas, parce que nous avons le même inconscient, et que même ils communiquent peut-être entre eux (et c'est cela avoir une relation
profonde avec quelqu'un). Il nous suffit donc, à nous lecteurs, de nous poser les mêmes questions, et de rentrer sans crainte dans notre propre
inconcient... si nous le pouvons.

Je garde donc ton poème comme une pierre mystérieuse, encore inconnue, une pierre de fée, une pierre cosmique, et je vais la laisser me parler.

Tu vas "aux Indes" : qui sait si tu ne vas pas y rencotrer un de nos ancêtres communs....


eMmA 21/02/2010 19:53


C'est bien de la magie ! Le reflet, c'était eMmoi...
Les explications que tu donnes à Pascale, Kasimir, sont extrêmement intéressantes et l'écho du contenu de nos réponses est à nouveau du domaine d'un
certain mystère autour de notre communication (une certaine communion).
Car je venais à peine de formuler ma réponse que tu devais être en train de rédiger ton com.
Toi, tu as magnifiquement exprimé le fait que mon poème ait pu être la traduction d'un rêve. Sorte d'écriture automatique dont les mots m'auraient été soufflés par quelque puissance guidée par mon
inconscient. Possible, probable. Mais je pense que ce jour-là, il y avait aussi un peu de "violence" que je devais évacuer pour ne pas qu'elle m'étouffe...

Sûr que je vais rencontrer nos lointains et communs ancêtres. Je leur parlerai de toi, de tout ce que nous découvrons de chacun dans nos blogs...


Pascale 21/02/2010 15:03


Je trouve ce texte très beau, vraiment. Et c'est pour ça que je me permets cette question : c'est qui "nous" et c'est qui "ils" ? J'aimerais comprendre ! Tu me connais, j'aime que tout soit clair,
et je sais que c'est parfois gênant en poésie, alors si la question t'ennuie, tu n'es pas obligée d'y répondre !


eMmA 21/02/2010 19:20


La question ne m'ennuie pas du tout. Il est juste bien difficile de donner des expllications tangibles et précises à une poésie.
Quand je l'ai écrite, mon état d'esprit était différent de l'instant présent, aussi l'explication que je pourrais en donner est déjà biaisée...
Voici tout de même quelques pistes, même si il me semble bien préférable que tu t'appropries ce texte pour le faire vivre selon ton propre ressenti, les images qui se promènent dans ta vie à toi,
tes désirs, tes peurs, tes espérances...

Tu me demandes qui est "nous" et qui sont "ils".
Très schématiquement, "ils", ce sont les prédateurs de tous poils qui viennent saccager nos vies, nous imposer leur loi en faisant fi de nos émotions, nos joies, la simplicité de notre bonheur,
notre nature profonde ou notre intimité.
Cette invasion peut prendre mille formes : ce peut juste être ton voisin qui t'impose son point de vue, ou l'envahisseur au-delà de la frontière de ton pays qui décide de tuer les tiens, ou qui
sait ? des êtres arrivant d'une autre galaxie qui viendront révolutionner nos vies ?
Cela peut aussi être soi-même, cet intrus implaccable. Quand on devient son propre ennemi qui ne se reconnaît plus ou qui ne s'accepte plus tel qu'il est.
La lutte dans ce cas est souvent difficle, car endogène, mais si on en sort vainqueur, apaisé, un grand pas vers sa propre amitié ou acceptation est sans doute une transformation
fondamentale...

Voilà, je ne sais si les choses sont plus claires, Pascale... Dis-moi. Tu as peut-être une tout autre interprétation ?

A bientôt,
eMmA


ramses 13/02/2010 18:18


Bonjour eMma,
Les cailloux et l'eau sont l'essence même de la Terre...
On peut y voir des coeurs de pierre et des larmes...
Ou des cathédrales et des ruisseaux chantants...
Tout bouge en permanence, selon l'humeur du moment.
Vaut-il mieux observer le Soleil ou décrocher la Lune ?
L'essentiel est d'être en Paix avec soi-même
Et de s'accomoder de l'instant...
Je t'embrasse.


eMmA 14/02/2010 10:42


Merci, Poète, c'est beau ce que tu m'écris.

Je garde la pierre des cathédrales, ou la philisophale.
Je garde les ruisseaux chantants, ou l'eau qui purifie de tout.

eMmA


nadia-vraie 13/02/2010 17:26


C'est correct,comme ça je sais,on peut penser ou imaginer...
merci eMmA.À bientôt.


eMmA 14/02/2010 10:43


Bon diMAnche, Nadia.
eMmA


El Lulu 13/02/2010 13:27


Je ne sais pas quelle est ton humeur du moment et j'espère que tout va bien pour toi.

Personnellement, j'ai grand plaisir à "retrouver" des textes poétiques en clair-obscur, d'inspiration fantastique / SF et très "barjavelliens" dans l'âme, comme tu en écrivais à une certaine
époque...
(... Pas si lointaine à mes yeux - mais tout est une question de point de vue ).

Biz



eMmA 13/02/2010 15:27


Toujours TRES contente de recevoir tes com.
Il n'y a que toi pour avoir reconnu mon inspiration d' "autrefois" (merci pour "pas si lointaine à mes yeux... question de point de vue")
Ne t'inquiète pas pour mon humeur du moment. C'est juste qu'il fait très froid ici et que le gel a tendance à aller des doigts de pied, au bout du nez, en passant par tout un réseau de muscles dont
le muscle cardiaque. Boum boum.
Mais, tu me connais, on ne tardera pas à retrouver plein de couleurs par ici ! Mais comment faire pour écrire en couleurs, façon "barjavellienne" ?
Je t'embrasse mon Ludo :0010:
MA


Ptitsa* 13/02/2010 11:30


Je crains que ton humeur du moment soit aussi noire que celle de tes derniers textes, alors je te laisse ici l'une de mes graines d'espérance... tu sais, comme les lotus, elles peuvent pousser même
dans la boue.
Ah, pis je saupoudre de chaleur humaine, aussi, ça aide...


eMmA 13/02/2010 15:19


Merci beaucoup Ptitsa*, je prends !


nadia-vraie 13/02/2010 05:50


Bonjour eMmA,merci de ton passage pendant ma pause.La photo des cailloux est très belle,j'ai un faible pour eux.
J'ai lu le texte mais j'avoue que je ne le comprends pas tout à fait...
je te souhaite un bon samedi et à bientôt.$


eMmA 13/02/2010 09:07


Bonjour Nadia,
Ce n'est pas grave, on comprend ce que l'on veut (ou pas)...
Moi-même, je ne comprends pas tout.

Bonne journée à toi et à bientôt.
eMmA