






Voici un conte pour les jeunes enfants qui tombent amoureux.
De la part d'eMmA MessanA.
Il était une fois, un petit garçon qui pleurait tout seul dans le fond de son jardin.
Il s’appelait Sylvain.
Sa maman, venue arroser ses fleurs, fut toute surprise de le trouver en pleurs. Elle lui demanda avec douceur la raison de son chagrin.
- C’est parce que je voudrais que le joli papillon jaune avec des ronds bleus reste avec moi, répondit-il dans un sanglot.
Je le lui ai demandé, mais dès que je cligne des paupières, hop ! il disparaît tout là-haut dans le ciel.
La maman, craignant qu’un malheur ne soit arrivé, fut soulagée d’entendre ces explications. Elle sourit et dit :
- Oh toi mon petit Sylvain, tu es amoureux !
Sa maman le consola et le taquina un peu en lui tapotant gentiment la joue pour effacer ses larmes.
- Va, ne t’en fais pas, tu en rencontreras plein d’autres des papillons bleus et or et même de toutes les couleurs, tu verras !... Elle lui fit un gros bisou et tourna les talons, son arrosoir à la main.
Mais un si gros chagrin ne s’oublie pas aussi vite et nuit après nuit, il rêvait qu’il volait de fleur en fleur accompagné dans sa promenade par un gracieux papillon jaune avec des ronds bleus.
Au matin, quand l’enfant s’éveillait pour aller à l’école, il lui semblait qu’un peu de poussière
d’or, échappée de la robe du papillon, était restée collée sur le bout de ses doigts.
Cette douceur l’accompagnait tout au long de la journée et l’aidait à patienter jusqu’au jour où son rêve deviendrait enfin réalité.
Non loin de là, une petite fille dans la cour de l’école rêvait tout éveillée sous un grand marronnier.
Elle se prénommait Lucille.
Ses copines l’appelaient souvent pour jouer à la corde à sauter.
Mais elle, tout ce qui l’intéressait, c’était de parler à l’arbre qui trônait au beau milieu de la cour.
Elle disait qu’il était son ami, que son beau feuillage vert était comme un palais et que son grand tronc était comme le mât d’un bateau qui l’emmènerait au loin pour un beau voyage.
Elle pleurait, car jamais le marronnier ne lui avait vraiment parlé.
Ses amies faisaient une ronde autour d’elle et de son arbre en chantant :
- Oh toi ma petite Lucille, tu es amoureuse !
Pour la consoler, elles lui criaient, tout essoufflées :
- Allez viens jouer, Lucille ! Ne pleure plus, des arbres, il y en a plein les bois et les forêts ! Tu en rencontreras plein d’autres des marronniers, tu verras !...
Et elles l’entraînaient dans une ronde folle sous le préau.
Mais un si gros chagrin ne s’oublie pas aussi vite et jour après jour, sur le chemin du retour elle rêvait qu’un matin, en collant bien son oreille sur l’écorce du marronnier, il lui murmurerait quelques mots doux et charmants.
Arrivée à la maison, avant de manger son goûter, elle rangeait dans sa boîte à secrets les feuilles bien vertes qu’elle avait cueillies au bout de la branche la plus basse de son arbre bien-aimé. Cela l’aidait à patienter jusqu’au jour où son rêve deviendrait enfin réalité.
Un jour, Sylvain et Lucille furent invités à un
goûter d’anniversaire.
Ce jour-là tous les enfants s’étaient déguisés.
Il y avait une sorcière avec son balai, un chat blanc avec des moustaches grises, un pirate avec un
bandeau noir et un coffret rempli de pièces en chocolat, un lapin qui croquait une carotte.
Il y avait même une coccinelle rouge à pois bleus et un clown qui jonglait avec trois balles jaunes et trois balles vertes : hop ! hop ! hop !
Et surtout, il y avait une ravissante petite fille toute menue qui avait de longs cheveux blonds, de
beaux yeux bleus et qui s’était collé pour l’occasion deux jolies ailes de papillon dans le dos.
On aurait dit une luciole qui allait s’envoler tellement elle semblait légère !
Et surtout, il y avait un petit gars costaud qui avait mis des branchettes dans ses cheveux et qui
avait revêtu un pantalon et une chemise qu’il s’était fabriqués avec les feuilles d’un marronnier.
Parfois des oiseaux venaient se percher sur ses bras !
Il portait un noeud papillon très chic autour du col de sa chemise et ses souliers étaient faits d’écorce de bois.
Devant la fille-papillon, le garçon-arbre était tellement intimidé et ému qu’il restait immobile : on aurait dit qu’il allait prendre racine !
C’était incroyable : leur rêve était là, devant eux. Ils pouvaient même se parler !
- Tu t’appelles comment ?
- Lucille, et toi ?
- Sylvain.
Alors, ils burent du jus d’orange, firent sauter des crêpes et mangèrent de la mousse au chocolat (un peu trop).
Ils écoutèrent des histoires, firent de la balançoire et dansèrent tout
l’après-midi.
Ils se dirent aussi quelques mots doux (mais pas trop).
Les copains et les copines chantèrent tous en choeur :
« Oh toi mon petit, oh toi ma petite, vous êtes amoureux ! »
Sylvain et Lucille grandirent, et puis après quelques années ils prirent un bateau pour faire ensemble le tour du monde.
A leur retour, ils s’installèrent dans une grande et belle
maison et dans leur jardin, il y avait plein de papillons qui voletaient autour des grands arbres.
Ils y vécurent heureux très longtemps.
FIN
vous m'avez dit...