18 Mars 2026
•• dis, tu me ferais pas un peu marcher ? ••
J’ai souvent dû user de stratagèmes auxquels moi seule croyais
comme encenser le cuistot de service auquel on ne pouvait pas,
mais vraiment pas,
lui faire l’affront de ne pas se sentir dans son assiette,
tout ça pour qu’elle flotte un peu moins dans sa robe bleu marine.
Un peu roublarde,
j’ai souvent dû feindre de m’extasier les oreilles
en écoutant la voix de son crooner préféré,
débarqué comme par hasard au beau milieu de ma playlist
pour la faire chanter à tue-tête avec moi
éloignant ainsi pendant 3mn14 l’avenir bouché de son passé.
J’ai souvent dû jouer les funambules en pleine nuit
pour débusquer la cachette de ma fugueuse somnambule.
Une fois retrouvée au milieu du nulle part d'une pièce qu'elle n'avait pas su éclairer,
certaine que le jour s'était levé, alors qu’elle venait à peine de se coucher,
je la persuadais de retourner dans son lit
pour qu’elle puise quelques forces dans un sommeil bien trop pointilleux.
Et puis d’un coup, pas dupe,
elle se redressait en regardant par la baie vitrée
un paysage qu'elle seule imaginait,
et tout de go, elle me lançait dans un sourire
« Dis, tu me ferais pas un peu marcher ? »
OK, let’s go ! (elle comprenait encore l’anglais).
eM 03052021 revisité le 18032026 (pour continuer à marcher...) © eMmA MessanA