3 Décembre 2025
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Lors de mon dernier passage à Paris, j'ai pu enfin visiter la Maison et le Musée Gainsbourg au 5 bis et au 14 rue de Verneuil dans le 7e.
Dès que sa fille Charlotte a fait savoir qu'elle permettrait la visite de ce lieu mythique, cet appartement dans lequel Serge, Jane, Kate, Charlotte, Bambou et Lulu ont vécu, j'ai eu l'envie de le découvrir.
Pour moi, c'était l'antre un peu secret et si mystérieux d'un génie tout à fait à part, un repaire où Gainsbourg a vécu 22 ans de 1969 jusqu'à son décès en 1991, le lieu où il a créé une œuvre unique.
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Il ne fut pas facile d'obtenir des billets pour cette visite car en fait, peu de visiteurs peuvent circuler dans cet appartement où nous entrons uniquement deux par deux...
La façade est entièrement remplie de graffitis, pochoirs et petits mots laissés par tant d'admirateurs.
La porte d'entrée principale était réservée à la famille. Celle-ci est aujourd'hui fermée.
Nous entrons par l'entrée des visiteurs située derrière une grille, à droite de la façade. C'est par celle-ci qu'entraient les journalistes ou autres visiteurs autorisés, notamment des policiers avec lesquels Serge Gainsbourg entretenait de très bonnes relations. Il paraît que de son vivant, nombre de personnes y sonnaient à l'interphone, espérant être reçus par leur idole. Certains parvenaient à être reçus durant un moment privilégié...
Sachant que les photos ne sont pas autorisées à l'intérieur de la maison, je vous offre celles que j'ai prises à l'extérieur, juste avant notre visite.
Tous ces messages, qui seront rapidement recouverts par d'autres, témoignent de l'attachement que tant de gens lui témoignent encore.
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La visite de la maison dure une demi-heure.
Nous sommes équipés d'audio-guides pour cheminer pas-à-pas dans les différentes pièces, guidés par la douce voix de Charlotte Gainsbourg.
Charlotte fait bien plus que de nous guider dans sa maison d'enfance tout au long du parcours qui va du rez-de-chaussée au premier étage, du couloir au salon, du piano à la cuisine, de l'escalier à la salle-de-bain, des chambres au bureau...
Elle nous confie avec tendresse et émotion la vie que menaient ici son père, Jane, Kate et elle avant et après la séparation de ses parents.
Parfois, son fragile filet de voix se brise à l'évocation de ses visites, seule, dans ce lieu hors du temps, resté comme figé en l'état après le décès de son père.
Dans le salon, on peut voir la marque du corps de Gainsbourg que son fauteuil légèrement fatigué a laissée. Quelques mégots de cigarette sont restés dans le cendrier (à moins qu'il ne s'agisse d'une judicieuse mise en scène ?)
Le piano est là, qui a vu naître tant de merveilleuses chansons.
L'atmosphère est paisible, calme, feutrée. Le temps s'est arrêté.
Le dressing montre à quel point Serge Gainsbourg avait adopté une sorte d'"uniforme" fait de quelques tee-shirts, de 2 ou 3 jeans, 2 chemises et ses célèbres paires de Repetto blanches toujours portées sans chaussettes même en plein froid. Sa fille met un point d'honneur à rappeler que son père était très propre, malgré ses airs faussement négligés.
Sa collection d'insignes se pavane dans une table-vitrine (il demandait à tous les policiers qu'il invitait chez lui de lui offrir leurs insignes, alors que normalement il n'est pas permis de s'en séparer, mais ils les lui cédaient bien volontiers avec fierté et amitié).
La chambre de Jane, seule pièce où la couleur était tolérée, est devenue après leur rupture la chambre des poupées qui faisait les délices des filles lorsqu'elles venaient le week-end.
Sa bibliothèque personnelle côtoie un bureau où trône sa machine à écrire. Les volumes ont fait la joie et une partie de l'éducation littéraire de Charlotte.
Nous avons pu voir la chambre où Serge Gainsbourg dormait habituellement, où il visionnait avec Jane et Charlotte des films en VHS, là où il a été retrouvé mort le 2 mars 1991, là où Jane et Charlotte l'ont veillé plusieurs jours, incapables de le quitter, même après son embaumement...
Tout cela fait que j'ai eu l'impression d'être entrée un peu par effraction dans un lieu sacré, très personnel, hanté par un artiste majeur dont la présence était presque palpable.
Durant le parcours, même si Charlotte me parlait à l'oreille dans l'audio-guide, je me suis souvent demandée si j'y avais ma place.
J'avais peur d'être voyeuse, d'abîmer de mes pas ce beau carrelage, de me frayer un chemin en le forçant un peu alors que le Maître était absent et ne pouvait pas me donner son accord pour respirer en sa demeure.
En plus, la dominante de couleur sombre, noire parfois, contribue à donner une impression d'enfermement et aussi que nous sommes entrés dans une sorte de mausolée.
L'accumulation de beaux objets à l'agencement parfait (il paraît que Gainsbourg ne supportait pas le désordre), une araignée empaillée, de beaux livres dont de nombreux précis scientifiques dont il raffolait, tout cela peut rappeler un Cabinet de curiosités assez mystérieux...
Je me demande bien ce qu'aurait pensé le Grand Serge de ces visites ?
Le second parcours se fait dans la même rue, au n°14, mais dans un musée qui est consacré cette fois à son œuvre.
Là, on respire, c'est joyeux et nous suivons 8 étapes de façon chronologique grâce à des vidéos visibles sur de grands écrans au plus près des visiteurs.
De nombreux documents et des photos familiales et professionnelles sont présentés.
En conclusion, malgré le léger malaise que j'ai ressenti et décrit plus haut, j'ai vraiment beaucoup aimé avoir eu la chance de visiter ce haut lieu de mémoire d'un artiste que j'ai toujours admiré.
A bientôt,
eMmA MessanA
Serge Gainsbourg a bâti une œuvre.
Méthodiquement. Sa production épouse les contours de la plus foisonnante période de l'industrie du disque et l'âge d'or de la chanson française.
Considérable par sa richesse (son ouverture à de nombreux genres musicaux, la diversité de ses interprètes, ses incursions dans le cinéma, la télévision et la publicité...), l'œuvre de Serge Gainsbourg demeure unique et moderne, reconnue et célébrée en France comme à l'étranger.