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Pierre Barouh, On n'arrête pas une chanson, Benjamin Barouh

L'éternité est pour la vie ce qu'est l'océan pour les fleuves

Pierre Barouh

   Cette année, je ne participais pas à la 3e édition de Milcendeau se livreFestival du livre et des arts de Soullans (Vendée) en tant qu'auteure comme j'ai pu le faire pour la première et deuxième édition.

   Toutefois, je m'y suis rendue ce dimanche 14 juin 2026 en tant que visiteuse car je porte une affection toute particulière à ce salon à taille humaine, où l'on ressent calme et sérénité dans les jardins du Musée Charles Milcendeau. 

  Je ne vais pas faire un compte rendu de ma visite, mais je souhaite juste mettre en avant le livre que Benjamin Barouh y présentait, Pierre Barouh - On n'arrête pas une chanson - Chansons et poèmes inédits 1950-1999.
Comme on se le souhaite souvent lorsqu'en tant qu'auteur on participe à des journées de dédicaces, ce fut une "belle rencontre" !


   Ce recueil a été publié par la maison d'édition Le Bord de l'Eau, dans la collection le miroir aux chansons, dirigée par Jean-Paul Liégeois : « Éditer, dit-il, c’est s’inscrire en faux contre l’ignorance et l’oubli. Je publie des œuvres pour qu’elles soient en permanence accessibles à tous, pour qu’elles restent gravées dans la mémoire collective, génération après génération. Et pour qu’elles nous aident à vivre. »

Et c'est bien l'ambition de Benjamin Barouh, que de perpétuer cette mémoire en présentant une anthologie de textes inédits de son père, Pierre Barouh (1934-2016).

Pierre Barouh, on ne le présente plus bien sûr, mais voici un petit rappel, rien que pour vous :

Auteur-compositeur-interprète, il a signé les paroles de plus de 200 chansons, souvent avec son complice compositeur, Francis Lai.
Parmi ses plus célèbres, Un Homme et Une Femme (Chabadabada), Des Ronds dans l'Eau (Françoise Hardy), La Bicyclette (Yves Montand), Samba Saravah...
Il a écrit pour Dalida, Valéry Lagrange, Marie Laforêt, Sacha Distel, Isabelle Aubret...

Producteur, cinéaste, acteur, il a notamment interprété le rôle de Pierre Gauthier, le mari d'Anne, dans le film de Claude Lelouch, Un homme et une femme, Palme d'Or à Cannes en 1966, Oscar du meilleur film étranger en 1967 et Oscar du meilleur scénario original.

Créateur du label de musique Saravah en 1965. Il a été l'un des pionniers de la publication de ce qu'on appelle à présent la world music. C'est le plus ancien label français toujours en activité. Il a produit notamment, excusez du peu, Jacques Higelin, Maurane, Brigitte Fontaine, Areski Belkacem, Jean-Roger Caussimon, Allain Leprest, David McNeil, Bïa...

Bon, je m'arrête là... respect total !

   Revenons au livre de Benjamin Barouh, Pierre Barouh - On n'arrête pas une chanson - Chansons et poèmes inédits 1950-1999.
  Benjamin Barouh est le biographe de son père. Il mène une recherche à la fois sur le parcours d'auteur de son père, et sur la portée du label Saravah. 

   La merveilleuse et tendre préface du livre est signée par Claude Lelouch dont il dit que Samba Saravah était sa "manière de fredonner la vie."
Cette préface exprime la forte et fidèle amitié qui les liait, ainsi que l'admiration réciproque qu'ils se portaient.

Pierre Barouh et moi, c'est une amitié qui a traversé le temps, les silences et les retrouvailles. C'est aussi un homme que je n'ai jamais réussi à remplacer. Il a été un frère, un ami, un artiste hors du commun. (...)


(...) Pierre avait l'âme d'un passeur, mettant en lumière ceux qu'il aimait, révélant des artistes, des voix, des talents.

Extrait de la préface de Claude Lelouch pour "Pierre Barouh - On n'arrête pas une chanson - Chansons et poèmes inédits 1950-1999" de Benjamin Barouh, éd. Le Bord de l'Eau, dans la collection le miroir aux chansons"

   Parmi ses archives personnelles, celles de sa mère et sa grand-mère, Benjamin Barouh a exploré des manuscrits inédits de son père (poèmes, chansons, écrits...), les a minutieusement compilés puis classés.

Pierre Barouh écrivait de façon frénétique, utilisant toute la surface des supports qui lui tombaient sous la main. C'est dire tout le matériau que son fils a dû consulter pour n'extraire que ce qui lui a paru essentiel pour révéler les mots de ce "tisserand à l'ouvrage sur plusieurs fuseaux produisant simultanément différents fils" qui vont de la chanson inachevée au poème intime !

Ainsi, de fil en aiguille, le livre est structuré en quatre grands thèmes :
- le fil rouge de "l'écriture en mouvement"
- le fil vert des transformations "d'un rêve à l'autre"
- le fil bleu "de l'amour"
- la couleur indéterminée, voile de pudeur derrière lequel sont cachées les merveilles

Tels sont les quatre thèmes qui articulent ce recueil de papiers volants : une sélection de 90 poèmes et chansons retrouvés, presque tous écrits entre 1950 et 1965. J'ai eu le souci de les retranscrire le plus fidèlement possible, en respectant leur respiration.

Benjamin Barouh

   Je ne me permettrai pas de rédiger une critique de ce livre car je l'ai souvent dit ici, je n'ai ni la compétence, ni l'audace d'un critique littéraire.
Comme à chaque fois, je veux juste transmettre ce que j'ai pu ressentir durant cette lecture, combien j'ai eu de plaisir à lire ce recueil.

   Sachant dans quel esprit ce livre a été imaginé par Benjamin Barouh pour perpétuer la mémoire de son père, j'ai lu avec respect et aussi beaucoup de curiosité ces textes publiés pour la première fois et de façon posthume. 
C'est une drôle de sensation faite d'admiration et de reconnaissance.
C'est comme si j'assistais, comme une petite souris, à l'écriture de ces vers, comme si Pierre Barouh était là, bien vivant en train de les écrire. 
Ils sont à la fois empreints d'un temps passé, puisqu'on connait la période à laquelle ils ont été écrits, et à la fois je les trouve extrêmement contemporains. C'est sans doute la preuve de leur intemporalité et d'ailleurs, c'est à cela que l'on reconnaît les meilleures chansons.

J'ai été très sensible à la musicalité (forcément!) des vers. J'ai même eu l'envie d'en dire certains à haute voix.
L'écriture est fluide, les mots sont simples. Mais à chaque fois, la profondeur est là, au détour d'une image, aux vers qui se répondent et s'embrassent doucement. 

J'ai aimé que soient reproduites les photos de quelques écrits (une mention spéciale pour la page d'amour écrite sur une pub pour le soda "Amourette").

Parmi les quatre thèmes, je ne peux pas choisir où ma préférence pourrait s'attarder. Celle-ci batifole vers l'un, puis vers l'autre.
Tous m'ont cueillie, surtout peut-être les plus empreints de nostalgie, sorte de saudade, pour les circassiens, pour l'amour d'une femme, pour les jours qui coulent dans le sablier de la vie... 

Je te dirai merci

Lorsque j'aurai perdu
L'espoir de te reprendre,
Quand toutes nos vertus
Ne seront plus que cendre,
Quand j'aurai l'assurance
Que tout est bien fini,
Quand j'aurai ma souffrance
Pour seule compagnie,
Je te dirai : "Merci"!

Merci pour la passion
Que tu m'as fait connaître,
Pour les mille frissons
Qui ont secoué mon être,
Pour la folle tendresse
Qui renversait souvent
Les écueils qui se dressent
Devant tous les amants.
Quand j'aurai tout tenté
Pour renouer nos charmes,
Lorsqu'il sera prouvé
Que mes larmes sont vaines,
Quand mes dernières forces
Auront quitté mon cœur
Ne laissant qu'une écorce
Entourant de la peur,
Je te dirai : "Merci !"

Merci d'avoir aimé l'amour
A travers moi...

   Non, non, je n'ai pas fait de selfie, ce n'est pas le genre de la maison, ni, je l'imagine, celui de Benjamin Barouh !  

Benjamin Barouh

Je le remercie vivement pour sa disponibilité hier et pour la façon simple et naturelle avec laquelle il nous a présenté son livre.
Il exposait aux côtés de Nadia Szczepara, sa compagne artiste-peintre avec laquelle une association a été créée pour faire vivre le domaine hérité par son père, La Morvient dans le bocage vendéen .
Vous pouvez découvrir ses œuvres sur son site : ici
Pour accompagner et prolonger la sortie du livre, Nadia et Benjamin ont conçu l'exposition itinérante "Les Papiers Volants de Pierre Barouh".

Nous avons un peu évoqué l'ami Yves Duteil que dans un coin de ma tête j'associais à Pierre Barouh, mais je ne me souvenais pas pourquoi. Peut-être est-ce lié à ce duo avec Bïa ?

   Amoureux de la chanson et de la poésie, je vous conseille chaleureusement la lecture de ce livre, car oui, c'est sûr, on n'arrête pas une chanson...

A bientôt pour d'autres moments de lecture,
eMmA 

Yves Duteil, Vivre Sans Vivre (en duo avec la chanteuse brésilienne Bïa)
Adaptation de Samba Em Preludio de Baden Powell (musique) et Vinicius de Moraes (paroles)
Paroles françaises, Yves Duteil
Extrait de l'album Sans Attendre... 

La vie sans toi
Le cœur à l'envers
C'est l'eau sans la mer
C'est froid comme l'hiver
C'est long comme la nuit
C'est lourd comme l'ennui
La nuit sans l'aurore
C'est long comme la mort

 

La vie sans toi
Vers qui et vers quoi
Le sol sous mes pas
Se dérobera
Tout seul sur la Terre
Le cœur en enfer
Dieu me garde de vivre un seul jour
Sans toi

 

Vivre Sans Vivre
Moi qui n'ai jamais su marcher
Que pour te suivre
Ivre de vivre
Pour respirer l'air que tu respires
Laisser parler nos cœurs sans rien dire

 

Vivre ou survivre
Sans plus jamais trouver dans tes yeux
La fin du livre
Vivre Sans Vivre
Dieu me garde de vivre un seul jour
Sans toi

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J
Un Barouh d'honneur ! Merci pour cette belle invitation à découvrir ( ou redécouvrir) le beau "passeur d'âme" qu'était Pierre Barouh. Troubadour-comédien-chanteur ( "Nomade et sédentaire,chantait-il, je fréquente la Terre"). Avec sa voix douce, un peu lasse, tout devenait t rêve , flânerie, humour en demi-teinte .<br /> Grâce aux rentes du "chabada" ou de "la Bicyclette" de Montand, il a produit et fait connaître Jacques Higelin, Brigitte Fontaine , David Mc Neil , Maurane ou encore Allain Leprest dans cette PME dont la devise était indolemment sous-titrée "Il y a des années où on a envie de ne rien faire : "C'est une réflexion, disait-il, sur les inhibitions dune société faite par l'homme mais pas pour lui ; une société où les passions sont condamnées à devenir des velléités." Il ajoutait " Je fais partie des gens qui ne jouent pas le jeu'" . <br /> Merci encore, chère eMmA, de nous avoir rappelé l'importance de ce grand monsieur dont Il faudrait revoir aussi ce film qu'il avait réalisé au début des années 70 " ça va, ça vient'" avec son grand ami Areski , le compagnon de Brigitte Fontaine qui est mort il y a quelques jours. Je l'avais vu et en ai gardé un très bon souvenir pour sa liberté de ton et son esprit d'ouverture ...
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E
Merci Jean pour ta contribution à cette publication.<br /> Je ne suis pas du tout surprise par son érudition, toi qui en connais tant et plus sur la chanson française !<br /> Benjamin Barouh a réalisé (et continue de le faire pour une prochaine parution) un formidable travail autour des œuvres de son père. Je ne pense malheureusement pas avoir le temps d'aller voir l'expo itinérante "Les Papiers Volants de Pierre Barouh" qui pourtant est en Vendée en ce moment, mais je vais suivre les prochaines actualités.<br /> Encore merci pour ton commentaire éclairé !
V
Pour moi Pierre Barouh, c'est d'où viens-tu Johnny, ce film tourné rn Camargue dans les années 60!
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E
Exact Valentine ! En revanche, je dois l'avouer, je n'ai jamais vu ce film...<br /> Moi, je pense en priorité à Un homme et une femme de Lelouch (énormissime !) et Des Ronds dans l'Eau.
D
Une très belle présentation de ce livre. Un auteur-compositeur de talent, il a de nombreux succès à son actif,<br /> un bel hommage d'un fils à son père.<br /> Très belle journée<br /> bises
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E
Benjamin Barouh réalise un travail acharné pour poursuivre l'hommage qu'il veut rendre à son père. A suivre donc.<br /> Bon après-midi Danièle.
C
merci pour cette présentation de ce livre, issu d'un travail de titan de la part d'un fils pour rendre un bel hommage à son père. bises.celine
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E
Oui, cela mérite un respect considérable...<br /> Je t'embrasse Céline.