9 Décembre 2025
Délirant, espiègle, empli d'humour et de références, voici un album jeunesse édité chez Esperluète, Tupilaks, écrit par Carl Norac et illustré par Mandena Sadat, qui ne laisse pas indifférent !
Jusqu'à présent j'ignorais tout à fait ce mot, "tupilak", je croyais même que l'auteur l'avait inventé !
Un peu de vocabulaire, donc : selon les croyances et légendes groenlandaises, un tupilak était une créature magique souvent composée de plusieurs figures grotesques assemblées, mi-animales mi-humaines, qui ont l'air maléfiques, fabriquées par un chaman pour envoyer un mauvais sort. C'est un art à part entière.
Il faut noter que le tupilak peut se retourner contre l'agresseur...
L'auteur possède toute une collection de ces sculptures de petits êtres cocasses qui font rire ou frémir joyeusement, faites d'os, de dents, de déchets rejetés par la mer ou trouvés sur la banquise.
L'écriture très poétique de Carl Norac fait parfaitement écho avec ce drôle d'art où des animaux avec une tête en haut et une tête en bas, nous offrent leurs réflexions un peu à part, leur logique loufoque, et aussi avouent qu'ils peuvent se tromper et aimer tendrement...
Les dessins de Mandana Sadat donnent vie et mouvement aux tupilaks sombres, grimaçants et totalement délirants. C'est drôle, parfois leurs rondeurs donnent envie de les serrer dans nos bras !
Le blanc de la banquise met en valeur les quelques touches de couleur comme le bleu du ciel et de l'océan et quelques motifs rosés, jaunes ou verts de petites maisons, d'une orbe solaire ou de profondeurs glaciaires.
J'ai reçu ce beau livre grand format à reliure suisse (c'est-à-dire que la couverture est libre et de jolies coutures bleues sont apparentes) dans le cadre d'une Masse Critique.
/image%2F0994745%2F20251209%2Fob_a18c94_9dec25-carl-norec-et-mandana-sadat-tu.jpg)
Je remercie Babelio et la maison Esperluète qui édite toujours des livres d'une grande qualité.
C'est une œuvre très réussie qui, j'en suis sûre, fera frissonner mais aussi rigoler le jeune public.
A bientôt pour d'autres lectures.
eMmA MessanA
La nuit, il va coudre en secret les gants et les poches des gens.
Pour que, dans le froid, ils ne sachent plus où mettre leurs mains. C'est si drôle de les embêter.
Un peu plus loin
J'ai envie d'ailleurs.
J'ai vu du sable un jour, sur une carte postale.
C'est incroyable, du sable.
Comme de la grêle ou de la neige qui ne fondrait pas.
En poudre. Presque du chaud, qui coule entre les doigts.
Non, soyons sérieux, ça n'existe pas.
Le sable vit seulement sur les cartes postales.
La Kavakaise
Kavaku chante la Kavakaise. C'est son chant à lui.
Il le lit dans la brume, puis le répète à nu-tête.
Il fait très attention à ce que les paroles ne veulent rien dire.
- Qu'est-ce que tu dis, qu'est-ce que tu nous bassines ?
Je ne comprends pas. Tu ne peux pas parler phoque ou morse comme tout le monde !